mercredi 16 novembre 2016

2016, à parts égales

L’ANNÉE en BREF: Partage en bonne et due forme des richesses, façon coco primordial: 50% pour moi et 50% pour Dame Nature: sous forme de gel, mildiou et oun poquito d'oïdium. Bon, pour être honnête, elle s'est ponctionnée un petit supplément la miss, mais après tout, c'est qui l'patron, hein!? 
Une année où les dames n'ont point été tendres à mon égard... bagué qu'il est désormais l'animal, façon chevreuil en sursit, le prochain coup on le relâche pas...Calmos n'est plus très loin mes bien chers frères, priez pour moi! Et pendant qu'vous y êtes, un petit mot à Sainte Thérèse pour 2017, sioux plait. 
Il y aura peu de 2016, c'est dit, pas la peine de me contacter, j'aime pas dire non, ça m'oblige... et même parfois à de petits mensonges. Mon âme pure, voyez, j'y tiens. 
Pas de cuvée de Centenaires, ni en rouge, ni en blanc, pas de Ponge, un Bois du Gland en demi molle et un peu du reste, éclaté. Sans doute me sera-t-il nécessaire de sortir de leur sommeil quelques flacons bien balancés afin de pouvoir continuer à financer mon fastueux train de vie.

CLIMATOLOGIE: Le GEL, le retour du GEL en mode Indochine durant la dernière semaine d'avril, 3 nuits à serrer les fesses comme quand t'a la chiasse dans le vol JAL416 quelque part entre Novossibirsk et Chita et que la lumière clignote au rouge...sauf que là, ça ne sert à rien. Et encore, oubliai-je de préciser que cette triplette infernale faisait suite à un sévère coup de semonce ayant déjà réduit à néant le Coteau du Lys, le cabernet du Pin perdu et affaibli de moitié le gamay. 
Passé ce coup dur, on se redresse les manches en se disant que le peu qu'il reste on va essayer de le garder. C'est sans compter avec un printemps pourri (comme souvent, oui je sais) et l'inévitable Mildiou man. Contention du bestiau plutôt réussie sauf sur le chardo qui perd la moitié de ses effectifs dans la bataille (plus un peu d'oïdium estival pour bigarrer le tout). S'ensuit un été très proche de 2015, ultra sec avec en plus des pics de canicule responsables de pas mal de grillure sur les grolleaux. Comme souvent nous eûmes la petite pluie qui va bien aux marées d'équinoxe, juste ce qu'il faut et heureusement car le botrytis était prêt a bondir de sa tanière en cas d'humidité prolongée.

ÉQUILIBRES: Bien qu'issus de conditions similaires, les raisins ne se comportent pas de la même façon que l'an passé. Certes, à l'instar de 2015 les fermentations sont paresseuses mais la comparaison s'arrête là. Autant les 15 sont denses et tanniques, autant les 16 sont souples et clairs, même les vidures n'ont pas leur noirceur habituelle...on dirait presque des pinots surannés wouive petit doigt en l'air et foulard de précieux (je vermillonne un peu le trait). Pas mal de cuvées d'assemblages (faut bin remplir les dolia fûts) auxquelles il va falloir trouver des p'tits noms. Enfin, belle poussée de botérix sur les ch'nins; retour du doucereux de l'Ancêtre en vue! 

                                                                                   LES BLANCS  
franc de pied: Un chardo de mouture classique avec son 10.2°, toujours pas de signe de phylloxera pour ses 10 ans mais on entre désormais dans la zone de turbulence...
gains de maligné: Belle réaction de la parcelle grâce à l'abnégation du paternel ainsi qu'à l'introduction de la taille en arcures, il reste encore une marge de progression et le récent petit labour d'automne au poil augure du mieux. 12.7° et 13hl/ha...et un peu de liquoreux à 19°.
la bizarrerie: Première sortie officielle d'une cuvée où l'excentricité de votre serviteur le dispute à celle de Dame Nature, même si mes amis ont déjà  subir moult essai étrange par le passé (merci à eux de m'avoir conservé leur amitié!) et que bien des nanars attendent de sortir un jour de mon musée des horreurs... 
Or, donc, désireux de renouveler l'expérience réussi de la macération, j'ai voulu récidiver avec cette fois du ch'nin (60%)  et du chardo (30%) cuvés 10 jours et pimenté de 10% de grolleau noir cuvé 24h. Quelle ne fut pas ma surprise de voir couler un machin tout rosé! On oscille donc entre un blanc pour les raisins, un rouge pour la méthode et un rosé pour la couleur, mon tout mis en barrique en vidange... une sorte de cochon d'inde sous forme liquide!!!

                                                                                    LES ROUGES
grolle noire: Seule parcelle en rouge ayant peu gelé et plus belle vendange depuis 2011 avec de très jolis raisins fripés et aux pédicelles rougissants typique des belles maturités. 11.8° et 12hl/ha
de-ci de-là: Une centaine de litres grappillés à travers le carré de gamay assemblé à du grolleau noir, un petit 12° sul' fruit.
pachamama: Une Pacha' bien plus dans l'esprit féminin de 2014 (j'entends d'ici fulminer les cerbères du féminisme, merci à elles!) que du style mêlée de rugby du 15 (normal). Toujours du grolleau gris et même un peu de ch'nin pour encadrer cabernet sauvignon, grolleau noir et la lichette de gamay qui va bien.
les centenaires s'en vont au bois: Une façon comme une autre de suggérer avec la finèze qui me caractérise (et l’humilité) l'idée d'un assemblage inédit entre les vieux cabernets francs et les cabernets sauvignons habituellement dévolus au Bois du Gland. Un beau 13°, par dignité je n’évoquerai pas le rendement...

La suite en images:
Les dégâts du gel, ici un seul bourgeon a survécu.
Belle floraison au Bois du Gland...
Passé le printemps pourri, un été texan se met en place, 75 jours sans eau pour les vignes.  

2016, ou l'art de passer sous la barre...des 10hl/ha.
La macération...bordel, mais c'est du roze!
Raisins en mode poitrine de septuagénaire...Y'a bon!
Ça pétouille piano piano
                    


Un botrytis "comme dans les livres", et pendant qu'on trie...
...On assiste à une belle course de machines à vendanger!!!

Fin Octobre, 2017 est en route, l'espoir renaît...


J'allais oublier...le petit scarabée est sorti de sa gangue et compte bien renvoyer le sen-sei à 
ses études!

         



    Petit bonus et grande révolution au dolmaine, l'idée saugrenue a germé dans mon cerveau (complotiste, entre autre) d’insérer un petit dessin sur la cuvée de bizarrerie. Donnez-moi vos avis, voire d'autres suggestions, si comme moi vous avez du temps à perdre...